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Publié : 23 février 2006
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Chapitre 17 : Afzäf

Démon ou ange ?

A présent il faisait nuit... Je ne distinguais plus que des silhouettes sur le dragon. Artanis était allongée confortablement sur l’extrémité de la queue du dragon, tandis qu’Amëraën dormait, étalé sur toute la longueur du dos de la bête
Je décidai d’aller voir Artanis.

« Tu vas bien ?

... »

Elle ne parlait pas. Pourquoi, j’étais loin de m’en douter !

« Tu ne veux pas parler ? Tu es fatiguée ? »

Elle me fit des gestes dans tous les sens, puis porta sa main à sa bouche... Voulait-elle me dire qu’elle avait perdu sa voix ? C’aurait été le comble !
Puis elle me fit bien comprendre que je ne me trompais pas. Amëraën dormait profondément, je ne voulais pas le réveiller pour lui apprendre une énième mauvaise nouvelle... Il devait se reposer.
Ah ! Qui aurait su que de mon petit lit douillet, je passerais au dos d’un dragon, entouré d’Elfes et de prédateurs ! Je m’assoupis à mon tour...

Le lendemain, disons plutôt quelques heures plus tard, je ne savais plus où nous nous trouvions. Complètement perdu, je demandai à Amëraën qui connaissait mieux le coin que moi.

« Nous sommes près de l’arbre d’Afzäf, c’est un arbre magique qui répond à toutes les questions qu’on lui pose. »

Il me chuchota à l’oreille que même s’il était un Elfe, il ne croyait pas à cette « supercherie », comme il le disait.

On s’y arrête ? demandai-je, le sourire aux lèvres.

Il soupira, en me disant que tous les nouveaux étaient fascinés par cet arbre. C’était peut-être mon cas, j’avais déjà une question derrière la tête. Artanis avait dit à son père que ce voyage en sa compagnie serait bénéfique pour moi, car il m’apporterait des informations sur mes visions. Elle voulait peut être parler de cet arbre... Nous nous arrêtâmes donc à ce fameux arbre, nommé Afzäf. Drôle de nom...

Je savais que nous étions poursuivis par Navka, mais cet arbre serait peut-être la réponse à de nombreuses questions, et le dragon avait pris beaucoup d’avance la nuit précédente. Je me demandai bien comment un arbre pourrait me parler.

« Avance, me dit Amëraën. »

J’approchai de l’arbre qui ressemblait à une sorte de baobab.

Pose ta main dessus, et pense très fort à ta question, l’arbre te répondra par télépathie.

Il marmonna de suite qu’il n’y croyait pas.
Je fis comme il me le dit, je posai ma main sur le tronc qui, à ma surprise, semblait brûlant, et je pensai très fort à ma question.
« Quelles sont les raisons de mes visions ? Quelles sont les raisons de mes visions ?.... »

Pendant dix minutes, je pensai fort à cette question, sans réponse. Tout à coup, je sentis une vibration dans mes mains. Ma tête tournait, et j’avais l’impression d’être au beau milieu de l’univers. Je maintenais ma main, je voulais une réponse...
Puis une voix indistincte se fit entendre. Petit à petit, elle devint nette jusqu’à ce que j’entende parfaitement ce que l’arbre me répondait :

Tu es encore jeune, je sens ta naïveté, mais aussi ton courage... Tes visions sont peut-être le fruit de ton imagination, ou... à toi seul de chercher la réponse. Un conseil, cherche-la, là où il est le moins probable qu’elle soit... »

Puis un bruit sourd envahit ma tête, mes pieds retombèrent sur terre et j’ouvris les yeux. Non, ils étaient déjà ouverts. Je posai doucement mes mains sur mes cuisses, et je regardai, d’un air foudroyé, mes deux compagnons.

« Alors ?

Je...oui, il m’a...répondu...

Je n’arrive pas à le croire ! Moi qui croyais à une supercherie ! Il t’a dit quoi ?

Ca, c’est moi que ça regarde. »

Il soupira pour la troisième fois depuis le matin. Artanis avait le regard plongé dans le vide...

« Ses yeux ! Oh mon dieu ! Ses yeux ! criai-je.

Qu...Quoi ?

Les yeux d’Artanis sont... sont devenus noirs...! »

Il cria à son tour, tandis qu’Artanis avait toujours le regard lointain... On ne savait plus où elle regardait, toute la surface de ses yeux était devenue noire... C’était inquiétant.
Sa beauté d’ange elfique se transformait en une beauté démoniaque...

En...en route les amis. Il faut arriver au Cercle Infernal... On n’en a plus que pour quelques minutes... » criai-je avec une conviction affolée...
Au loin, une silhouette approchait sur le dos d’un magnifique cheval blanc...